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Lon Chaney dans l'adaptation du Fantôme de l'Opéra par Rupert Julian (1925) Voir plus

Reportage

Le Fantôme de l'Opéra

Mysterieux
Adaptation Garnier Légende Littérature et cinéma Opéra (place) Opéra/Grands Boulevards
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Par : Forum des images

À la fin du XIXe siècle, le tout nouveau Palais Garnier, inauguré au début de l’année 1875, est le théâtre de drames pour le moins mystérieux. Autant de phénomènes qui viennent nourrir la légende, ériger le mythe que Gaston Leroux couchera sur le papier en 1909 avec son roman fantastique Le Fantôme de l’Opéra, qui paraît d’abord sous la forme d’un feuilleton dans le journal Le Gaulois. Frissons garantis.

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Le Fantôme de l'Opéra, adapté en 1943 par Arthur Lubin

© Universal Pictures

Si ces phénomènes étranges se produisent au Palais Garnier, l’histoire débute néanmoins rue Le Peletier, là où se trouvait la salle d’Opéra du moment. C’est là même que Napoléon III fut visé par la tentative d’assassinat perpétrée le 14 janvier 1858 par Orsini et ses amis anarchistes, décrétant immédiatement à la suite de cet événement (qui a fait, rappelons-le, une dizaine de morts et plus de cent quarante blessés) la construction d’un nouvel édifice dans une rue plus sûre. Les travaux s’étaleront de 1861 à 1875, chapeautés par l’architecte jusqu’alors inconnu Charles Garnier. Pendant ce temps, les représentations continuent à l’Opéra Le Peletier.

La terrible nuit du 28 octobre 1873

Mais dans la nuit du 28 au 29 octobre 1873, un terrible incendie se déclare rue Le Peletier est détruit totalement la salle. D’une cause inconnue, il ne sera éteint qu’après vingt-quatre heures de lutte acharnée. Si l’on ne déplore officiellement qu’un mort (ce qui, en soi, est un véritable miracle), on murmure que deux autres personnes ont alors été piégées : une jeune ballerine, décédée lors du drame, et son fiancé Ernest, pianiste prometteur et compositeur. Défiguré par les flammes et anéanti par la perte sa bien-aimée, il aurait trouvé refuge dans les souterrains de l’Opéra Garnier dont la construction s’achevait non loin de là… souterrains où se trouve la réserve d’eau prévue au cas où un feu se déclarerait à nouveau.

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L'incendie de l'Opéra Le Peletier, dans la nuit du 28 au 29 octobre 1873

Les mystères s'enchaînent

L’histoire se tasse un temps : le 5 janvier 1875, on inaugure en grandes pompes le nouvel édifice, symbole de la « ville-spectacle » qu’est en train de devenir Paris. Mais comme le phœnix,  la légende renaît de ses cendres, plus angoissante encore. Quelques années plus tard, la panique se généralise chez les danseurs et les opérateurs de l’Opéra Garnier : des apparitions spectrales et des voix effrayantes tétanisent tout ce petit monde. Un machiniste est même retrouvé mort en coulisses ; la pendaison ne fait aucun doute, mais l’on ne trouve pas de corde autour de lui. C’est le début de toute une série d’événements étranges, que l’on tente de nier, mais pas pour bien longtemps.

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Mai 1896, le tout-Paris est présent pour assister à une représentation de Faust. Quand un bruit sourd se fait entendre : le grand lustre se détache et tue sur le coup la personne assise à la place n°13. La malédiction se poursuit quelques temps après, un petit rat chute dans le grand escalier… et décède sur la treizième marche. S’ajoute à cela un mystérieux spectateur qui, sous le nom de « Fantôme », réserve à chaque représentation la loge n°5.

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La loge du Fantôme à l'Opéra Garnier

© Galaad Phantom via Deviant Art

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Gaston Leroux, le mythe fixé à son apogée

Avec son roman fantastique Le Fantôme de l’Opéra, Gaston Leroux assure à ces mystères une pérennité totale et enterre définitivement la recherche de toute explication rationnelle à ces événements.

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Le récit de Gaston Leroux fait donc partie de ces œuvres rentables, de ces écrits feuilletonesques qu’apprécie tout particulièrement le cinéma. Il constitue une matière toute trouvée pour les réalisateurs qui, à travers différents genres allant de l’horreur à la comédie musicale, transposant la légende à d’autres salles d’opéra, à d’autres époques, ne cessent de trouver là de quoi entretenir, des décennies après, la curiosité des spectateurs. La preuve en 5 adaptations :

The Phantom of the Opera

Rupert Julian, 1925

 

Un fantôme au visage masqué hante les coulisses de l’Opéra de Paris. Amoureux d’une jeune cantatrice, il la séquestre dans l’espoir de susciter son amour. Dans cette première version cinématographique du roman de Gaston Leroux, chef-d’oeuvre du cinéma fantastique muet, l’Opéra a été reconstitué en décor et certaines séquences tournées en couleur.

 

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Extrait de The Phantom of the Opera, Rupert Julian

The Phantom of the Opera

Arthur Lubin, 1943

 

Un musicien défiguré hante les sous-sols de l’Opéra de Paris et cache sa laideur sous un masque. Il ne peut renoncer à sa passion pour une jeune diva qu’il protège malgré elle. Désespéré, il l’enlève et la séquestre. Le fiancé de la jeune femme et l’inspecteur de police Raoul partent à sa recherche… Ce remake de la version muette de 1925, réalisé avec d’importants moyens, met le roman de Gaston Leroux au goût du cinéma sonore et en Technicolor. Ce film, aux décors somptueux, tient autant du film musical que du film d’épouvante.

 

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Extrait de The Phantom of the Opera, Arthur Lubin

The Phantom of the Opera

Tony Richardson, 1990

 

Tiré de la pièce d’Arthur Kopit, d’après l’oeuvre de Gaston Leroux, ce téléfilm en deux parties restitue l’univers romantique et fantastique de la Belle Époque cher à l’écrivain.

 

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Extrait de The Phantom of the Opera, Tony Richardson

Il Fantasma dell'Opera

Dario Argento, 1998

 

Un nourrisson abandonné est ballotté par les flots d’une rivière souterraine qui traverse les fondations de l’opéra Garnier habitées par des rats. Le temps passe, jusqu’en 1877, lorsqu’un mystérieux fantôme hante le théâtre, terrorise et tue sauvagement certains de ses locataires. Un jour, il tombe amoureux d’une jeune chanteuse lyrique à la voix cristalline. Dario Argento, célèbre maître du  » giallo « , transpose le roman de Gaston Leroux dans l’univers de ce genre italien qui mêle le fantastique, la violence sanglante et l’érotisme.

 

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Extrait d'Il Fantasma dell'Opera, Dario Argento

Rendez-vous

Pierre-Alfred Richard, 2002

 

La nuit, une silhouette enveloppée d’une cape noire court dans les couloirs de l’Opéra Garnier. L’homme s’arrête dans une salle, jette sa cape et se met à danser jusqu’au petit matin, avant de rejoindre les toits de l’Opéra et les statues de sa façade. Des mouvements de caméra somptueux, des effets spéciaux envoûtants, donnent à cette silhouette noire une véritable magie. Un film fantastique qui revisite le mythe du fantôme de l’opéra, illustré sous forme chorégraphique, poétique et mélancolique.

 

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Extrait de Rendez-vous, Pierre-Alfred Richard

La malédiction continue ?

À l’automne 2016, le Théâtre Mogador, situé à quelques encablures de l’Opéra Garnier, se prépare pour la première de sa nouvelle comédie musicale, une version du Fantôme de l’Opéra importée de Broadway. Mais le 25 septembre, en début de journée, un incendie se déclare dans les sous-sols de l’établissement, réduisant en cendres une bonne partie des décors. Les origines du sinistre sont assez floues, le spectacle est repoussé. De là à y voir une nouvelle manifestation du fantôme, il n’y a qu’un pas…