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Emile Zola Crédits : Domaine public Voir plus

Reportage

Émile Zola

Le Paris des Rougon-Macquart

Regards, contre-regards
19e siècle Adaptation Ecrivain/e Emile Zola Littérature et cinéma Rougon-Macquart
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Par : Forum des images

Auteur d’une œuvre gigantesque, le cycle romanesque des Rougon-Macquart, Émile Zola (1840-1902) est le chef de file des romanciers naturalistes. Les écrits de cet homme par ailleurs très engagé ont souvent été une source d’inspiration pour les cinéastes. En voici un bref aperçu.

Sous-titré Histoire naturelle et sociale d’une famille sous le Second Empire, le cycle des Rougon-Macquart avait pour ambition d’étudier « les tempéraments et les modifications profondes de l’organisme sous la pression des milieux et des circonstances ». Une vaste ambition dans laquelle les cinéastes ont trouvé matière à nourrir leurs représentations du Paris du XIXe siècle.

 

Écrite sur plus de vingt ans, cette œuvre gigantesque est représentative du courant naturaliste qui, dans la seconde partie du XIXe, bannit toute idéalisation du quotidien. Elle a engendré, et engendre encore, de nombreuses tentatives de « mise en images » des univers et des personnages qui la peuplent, sans pour autant que ces représentations parviennent à retrouver toute la force d’analyse et la justesse descriptive de l’écriture de Zola.

C’est en effet avec ce roman, septième volume de la série des Rougon-Macquart, qu’Émile Zola rencontre véritablement le succès, entre 1876 (pour la publication sous forme de feuilleton) et 1877 (pour l’édition du roman).

Quatre-vingt ans plus tard, fidèle à l’esprit du roman, René Clément en propose son interprétation, avec Maria Schell et François Périer dans les rôles de Gervaise et Coupeau. Portant le nom de son héroïne, Gervaise est couronné par deux prix à la Biennale de Venise en 1956.

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Affiche du film Gervaise, René Clément (1956)

Crédits : Agnes Delahaie Productions, Silver Films, CICC, Cino del Duca (production), Les Films Corona (distribution), The Criterion Collection (édition)

En reconstituant avec minutie le Paris (très) populaire du Second Empire, du côté de la Goutte d’Or, où se situe la blanchisserie dans laquelle travaille Gervaise, et à travers un réalisme implacable, René Clément met l’accent sur la destinée de ses personnages, victimes d’un déterminisme social qui les mène tout droit à la déchéance.

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Gervaise, René Clément (1956)

Crédits : Agnes Delahaie Productions, Silver Films, CICC, Cino del Duca (production), Les Films Corona (distribution), The Criterion Collection (édition)


Gervaise


Réalisé par René Clément (1956)

En 1975, « L’Assommoir d’Emile Zola », un numéro de la série Lire c’est vivre de Jean Cazenave, revient sur le célèbre roman : les habitués d’un café populaire du 18e arrondissement évoquent les passages de L’Assommoir qui les ont marqués.

 

Des images du quartier, où se situe l’action du livre et du film de René Clément, accompagnent leurs propos, tandis que Pierre Dumayet, à partir de gravures anciennes, rappelle la trame du récit.

Lire c'est vivre : un lecteur parle de L'Assommoir. Le 2 septembre 1975, ORTF. Source Ina

Trois ans après le succès de L’Assommoir, Zola publie en 1880 le non moins célèbre Nana, une nouvelle peinture du Paris du Second Empire. Plusieurs réalisateurs se sont emparés de ce roman. Jean Renoir, tout d’abord, qui, dans son Nana de 1926, confie le rôle de la cocotte à la fabuleuse Catherine Hessling. En 1954, Christian-Jaque propose à son tour sa version, avec cette fois-ci Martin Carol dans le rôle-titre (Nana).

Nana


Réalisé par Jean Renoir (1926)

Nana


Réalisé par Christian-Jaque (1954)

Le Paris des grands magasins

Et puis, comme ne pas mentionner le onzième volume des Rougon-Macquart, qui s’attache à dépeindre l’une des innovations du Second Empire suite aux travaux inaugurés par Haussmann : les grands magasins.

En 1883 est donc publié Au bonheur des dames, du nom de cette boutique de prêt-à-porter féminin où se presse le tout-Paris. Il sera notamment adapté par Julien Duvivier en 1930, puis par André Cayatte en 1943, avec Michel Simon dans le rôle de Baudu et Albert Préjean dans celui d’Octave Mouret, alors que la guerre a vidé de nombreux magasins de leurs marchandises… et de leurs client.e.s !

Au bonheur des dames, Julien Duvivier (1930)

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Michel Simon est le Baudu du Bonheur des dames, d'André Cayatte (1943)

Crédits : Continental Films

Mais aussi

Loin de toute exhaustivité, il ne serait toutefois pas pardonnable de ne pas mentionner deux films faisant partie des chefs d’œuvres d’Émile Zola transposés avec brio à l’écran : L’Argent (1928), par Marcel L’Herbier, avec Brigitte Helm et tourné à la Bourse de Paris, et bien évidemment La bête humaine (1938), de Jean Renoir, avec Jean Gabin en inoubliable Jacques Lantier, cheminot criminel, non loin des rails de la Gare Saint-Lazare.

La bête humaine


Réalisé par Jean Renoir (1938). Avec Jean Gabin.

Côté petit écran, le téléfilm en quatre parties de Stellio Lorenzi intitulé Émile Zola et la conscience humaine (1978) revient sur l’engagement de l’homme de lettres, qui s’est notamment illustré lors de l’Affaire Dreyfus, conflit social et politique majeur de la Troisième République qui ébranla la société française pendant près de douze ans, de 1894 à 1906.

La vérité est en marche et rien ne l’arrêtera

Émile Zola, « J’accuse », L’Aurore, 13 janvier 1898

C'était hier Zola


Stellio Lorenzi dans d'Aujourd'hui Magazine le 29 septembre 1977 à propos d'Emile Zola ou la Conscience humaine. Antenne 2. Source : Ina

Avec son célèbre pamphlet « J’accuse », publié en 1898 dans le journal L’Aurore, Zola adressait une lettre ouverte à Félix Faure, alors Président de la République, en prenant clairement parti pour Dreyfus.

 

Illustré par de nombreux documents d’archives, ce portrait dressé par Stellion Lorenzi offre également un regard très complet sur la société française de la fin du XIXe siècle.

Emile Zola ou la Conscience humaine


Réalisé par Stellio Lorenzi (1978). William Sabatier incarne Jean Jaurès.

Emile Zola ou la Conscience humaine


Réalisé par Stellio Lorenzi (1978). André Valmy incarne Georges Clémenceau.

En 1902, Émile Zola meurt, asphyxié dans son appartement du 9ème arrondissement. Ses obsèques attirent le Tout-Paris venu rendre un dernier hommage à cet homme engagé.

Pour les besoins de leurs journaux d’actualité, les opérateurs Gaumont filmeront les funérailles (Funérailles au début du siècle). Ses cendres seront transférées au Panthéon le 4 juin 1908, en présence d’Alfred Dreyfus., sur lequel un journaliste anti-dreyfusard, Louis Grégori, ouvrira le feu, le blessant légèrement au bras.

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Les cendres d'Emile Zola sont transférées au Panthéon le 4 juin 1908

Crédits : Agence Rol. Source : Bibliothèque Nationale de France / Gallica

FILMOGRAPHIE SELECTIVE

ADAPTATIONS

 

Nana, de Jean Renoir, 1926

L’argent, de Marcel L’Herbier, 1928

La bête humaine, de Jean Renoir, 1938

Au bonheur des dames, d’André Cayatte, 1943

Nana, de Christian-Jaque, 1954

Gervaise, de René Clément, 1955

Pot-Bouille, de Julien Duvivier, 1957

 

SUR ZOLA

 

Zola, de Jean Vidal, 1954

Émile Zola ou la conscience humaine, de Stellio Lorenzi, 1978