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Siège du Parti Communiste Français, 2 place du Colonel Fabien 75019 Paris Crédits : August Fischer Voir plus

Reportage

Un décor de tournage

Le siège du Parti Communiste

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19e arrondissement Années 70 Architecture Le saviez-vous Tournage
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Par : Forum des images

Classé aux monuments historiques en 2007, le siège du Parti Communiste Français (PCF) fait partie de ces lieux atypiques qui peuplent le patrimoine parisien. Cette architecture moderne imposante créée par le brésilien Oscar Niemeyer est également devenue au fil des années un décor de choix pour le cinéma.

Architecte brésilien reconnu pour avoir réalisé la majorité des édifices publics de la nouvelle capitale brésilienne, Brasilia, inaugurée en 1960, Oscar Niemeyer quitte toutefois son pays natale à la suite du coup d’État militaire de 1964.

Un emplacement symbolique

Militant communiste, il s’exile alors en France où il poursuit sa carrière. Un an tout juste après son arrivée, il travaille ainsi bénévolement pour le PCF et soumet notamment un projet pour remplacer le siège du Parti situé 44 rue Le Peletier, dans le 9e arrondissement depuis 1937. L’emplacement choisi de ce nouveau siège Place du Colonel-Fabien (19e arrondissement) n’est pas anodin car les initiales de la place sont ceux du Parti. Par ailleurs, il est également un hommage au résistant communiste Pierre Georges, dit Colonel Fabien.

Nouveau siège du Parti Communiste


Le 2 août 1971, JT 20H. Source : Ina

Selon les dires de l’architecte, l’esquisse originale du projet ne fut conçue qu’en trois jours par l’architecte. Elle proposait d’ores et déjà la structure externe que nous connaissons avec les fameuses courbes vitrées de l’immeuble, significatives du style de Niemeyer, et qui apportent une certaine volupté que la coupole blanche vient renforcer. L’immeuble est ainsi finalisé en 1971 alors que le parvis avec sa coupole et ses aménagements souterrains sont achevés en 1980.

 

Or, pour le cinéma, cette structure moderne reste tout de même bien plus intéressante pour les différents espaces intérieurs qu’elle recèle. De sa salle du conseil national et ses milliers de lamelles en aluminium au hall d’entrée tout en courbes et fait d’un mélange remarquable de matériaux, le siège du PCF propose donc des décors hors normes, parfois inquiétants mais aussi évocateurs et adéquats pour représenter un imaginaire.

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Le nouveau siège du Comité Central du P.C.F par Oscar Niemeyer

Crédits : Guy Hermier, Révolution, 1980 suppl. 17, 27/06/1980

Les dettes du Parti et les coûts d’entretien de cet impressionnant siège contraignent en effet le PCF à ouvrir certains espaces à la location dès 2007. Avec la publicité et les défilés de mode, le cinéma s’empare ainsi rapidement de ce lieu insolite dont l’allure rétro-futuriste répond aux besoins de toute sorte de récits. Rien que ces dernières années, de nombreux films français ont notamment pris pour décor ce que l’on nomme dorénavant l’Espace Niemeyer.

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Thom Browne, men's collection SS 2011

Crédits : Maxime Büchi

Le modernisme des aménagements est ainsi utilisé pour illustrer l’atmosphère si particulière des sixties dans Gainsbourg, vie héroïque (2010) ; alors que dans Cherchez Hortense (2012), le froid des intérieurs en verre et en béton œuvre à accompagner le milieu professionnel d’une ambiance austère.

De son côté, Michel Gondry utilise ce décor pour y restituer l’imaginaire de Boris Vian dans L’Écume des jours (2013). Ainsi, la salle du conseil accueille une série impressionnante de dactylographes dont le travail à la chaîne peut paraître quelque peu ironique dans les locaux du Parti Communiste…

 

Par ailleurs, les séries s’intéressent aussi à la création de Niemeyer puisque le cauchemar orwellien Trepalium y a trouvé un décor approprié pour retranscrire son récit dystopique.

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L’Écume des jours, de Michel Gondry, 2013

Crédits : Studio Canal

FILMOGRAPHIE SELECTIVE

CINÉMA

Gainsbourg, vie héroïque
de Joann Sfar
2010, 2h10min

Cherchez Hortense
de Pascal Bonitzer
2012, 1h40min

L’Autre côté du périph’
de David Charhon
2012, 1h36min

L'Écume des jours
de Michel Gondry
2013, 1h30min

20 ans d'écart
de David Moreau (II)
2013, 1h36min

 

SÉRIE

Trepalium
de Antarès Bassis et Sophie Hiet
2016, (6x52min)

 

RÉALITÉ VIRTUELLE

I, Philip
de Pierre Zandrowicz
2016, 14min