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Ranveer Singh et Vaani Kapoor dans Befikre, Aditya Chopra (2016) © Yash Raj Films Voir plus

Reportage

Secrets de tournage

Befikre

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Par : Forum des images

Nouvelle super-production Bollywoodienne, Befikre, mis en oeuvre par Yash Raj Films (l’une des plus importantes sociétés de production / distribution indienne), est aussi le premier film indien entièrement tourné en France, et plus particulièrement à Paris. Il mérite donc que l’on s’y attarde un instant.

Les compteurs s'affolent

Sur Youtube, les vues totalisées par la seule bande-annonce de Befikre se comptent déjà en millions… Pardon, en dizaine de millions. Autant dire que le nom de la belle Paris a dû être sur un paquet de lèvres ces derniers temps. Et dans le monde entier, qui plus est !

 

Il n’y a d’ailleurs pas qu’à ce niveau que l’on tutoie ouvertement ce qui est, pour nous autres, de l’ordre de la démesure. C’est en quelque sorte la marque de fabrique de Bollywood. Ainsi, à partir du 9 décembre, le film sera projeté sur près de 4 000 écrans en Inde, rien que ça. On mise déjà sur plusieurs dizaines de millions de spectateurs. Des chiffres assommant, qui sonnent comme un coup de grâce.

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Ranveer Singh et Vaani Kapoor, Befikre, Aditya Chopra (2016)

© Yash Raj Films

Réalisée par Aditya Chopra, celui que l’on surnomme le « Spielberg indien », cette comédie musicale romantico-décalée (dont le titre pourrait être traduit en français par « Les Insouciants ») raconte la rencontre entre deux jeunes gens et leur histoire d’amour riche en rebondissements « in the city of love ». À l’affiche, deux stars Bollywoodiennes : quand Hollywood avait encore il y a peu Brad et Angelina, l’Inde a Ranveer Singh et Vaani Kapoor. Les têtes des spectateurs tournent déjà.

Le tournage s’est déroulé sur à peine 52 jours, entre mars et juillet 2016, pour un film de plus de 2h. Une bonne quarantaine a été passée à Paris, avec un rapide exil des équipes en Picardie et dans la région de Cannes. Mais n’allez pas croire que la production est arrivée en force, loin de là. Seul un groupe d’une trentaine de personnes a fait le voyage de Mumbai à Paris : acteurs principaux, chorégraphes et quelques coiffeurs.

 

Tout le reste de l’équipe est français : ce sont ainsi environ 80 « locaux » qui ont été embauchés pour travailler sur ce projet. Un chiffre qui peut grimper jusqu’à 140 pour les plus gros jours de tournage. Parmi eux : le chef-opérateur, les ingénieurs et assistants, le directeur de la photo, les costumiers… Sans compter les quelques 2 750 figurants. Même délocalisé à l’étranger, quand Bollywood fait les choses, il les fait bien !

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En avril 2016, le tournage de Befikre s'installe sur les quais de Seine

© @CocoDyn

Avec des contreparties

Les quelques 6 millions d’euros que la production avait initialement prévu d’engager ont été eux-mêmes revus à la hausse en cours de route. Au total, c’est donc près de 8 millions d’euros qui ont été dépensés en France par Yash Raj Films. Un budget colossal, certes, mais qui s’explique… et pas seulement par le casting alléchant de Befikre.

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© Christophe Lebrun

Car le film a directement bénéficié du Crédit d’Impôt International, mis en place par le CNC le 1e janvier 2016. Un plan de financement phare qui permet, en premier lieu, aux productions de se faire « rembourser » 30% de leurs dépenses. Soit pas loin de 2.4 millions d’euros économisés pour Befikre. Mais ce n’est pas le seul avantage : car c’est sans compter sur l’impact que le film va avoir en Inde et l’engouement touristique qu’il va susciter. En forte hausse déjà depuis quelques années, le poids de l’Inde dans le tourisme français risque de croître à nouveau de manière considérable. Et il n’y a là rien de négligeable quand on sait que ce sont environ 14 millions d’Indiens qui se rendent chaque jour dans les salles de cinéma.

Destiné aux films étrangers dont toute ou une partie de la production a lieu en France, le Crédit d’Impôt International (ou C2I) est accordé depuis fin 2009 et après sélection par le CNC à la société qui assure, en France, la production exécutive de l’oeuvre. Réévalué en janvier 2016, il représente aujourd’hui 30% des dépenses du film en France, et peut atteindre au maximum 30 millions d’euros.

 

Depuis sa mise en place effective, le crédit d’impôt international a bénéficié à 140 œuvres cinématographiques et audiovisuelles de vingt nationalités différentes. Pour Frédérique Bredin, Présidente du Centre national du cinéma et de l’image animée « il symbolise la force des nouveaux crédits d’impôt (taux à 30%) et leur impact sur l’économie française, mais aussi sur l’emploi et le tourisme ». Au premier semestre 2016, grâce au Crédit d’Impôt International, la France a accueilli pas moins de 24 tournages, soit plus de 150 millions d’euros de dépenses sur le territoire.

 

Et rayonne désormais sur des milliers d’écrans, partout dans le monde !