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Anecdote

Danielle Darrieux

Celle qui a boudé Hollywood

Image de couverture

Acteur/trice Années 30 Danielle Darrieux
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Par : Forum des images

Paris 1937. Danielle Darrieux a 20 ans, plus d’une vingtaine de films à son actif et tout semble lui sourire : elle est une star, vient d’épouser le réalisateur Henri Decoin et se voit courtisée par les plus grands réalisateurs… et par Hollywood !

Ni une ni deux, on ne résiste pas longtemps à ce genre d’avances. Au printemps 1937, le couple prend le large direction les États-Unis, où Danielle Darrieux signe un contrat de sept ans avec les studios Universal. Dans l’ombre de la belle, Henri Decoin a scrupuleusement veillé au grain : l’actrice est chaque année redevable aux studios de deux films et huit semaines de tournage, et se voit également octroyé le droit d’aller tourner une fois par an en France. Elle tourne son premier long-métrage hollywoodien, La Coqueluche de Paris. Oui mais, il y a un mais…

Le rêve américain ?

Oui mais l’actrice déchante vite, très vite. Non pas tant parce que les rôles qu’on lui propose ne lui plaisent pas, mais plutôt par ennui. Alors qu’Henri Decoin observe avec attention le fonctionnement des studios, Danielle a le cafard : bien qu’elle croise là-bas Ava Gardner, Humphrey Bogart, James Stewart, ses amis et surtout la vie parisienne lui manquent ! Qu’importe ce que les studios ont prévu pour elle, Danielle Darrieux veut résilier son contrat et rentrer en France. En 1938, le couple est de retour à Paris, accueilli en fanfare par ses admirateurs. Sauf que la Universal ne l’entend pas de cette oreille.

Paris est bluffé qu'une femme si jeune, si enfantine en apparence, ait su résister au rêve américain [...]

Sauvée par la guerre...

Poursuivie en justice par les studios, Danielle Darrieux doit rendre des comptes aux producteurs à qui elle a fait défaut outre-Atlantique. Parce qu’à Hollywood plus que partout ailleurs, le cinéma, c’est aussi des affaires et du business. Il ne faudra donc pas laisser croire au monde entier que l’on peut se jouer ainsi d’une des plus grandes major company de l’époque. Mais tandis que les deux parties peinent à trouver un terrain d’entente, la Seconde Guerre Mondiale éclate. Relégué aux oubliettes, le procès ne rattrapera Danielle Darrieux que dans les années 1950. Dans la biographie qu’il consacre à l’actrice (Danielle Darrieux, 80 ans de carrière, éditions Didier Carpentier, 2011), Christian Dureau résume ainsi l’issue de cette mésaventure hollywoodienne :

danielle-darrieux-la-coqueluche-de-paris

Dans La Coqueluche de Paris

© Universal Pictures

« L’affaire s’achèvera […] sans décision judiciaire, en raison de la déclaration de guerre le 3 septembre 1939. Elle ne sera pourtant pas close pour autant pour Danielle Darrieux qui, à son retour aux États-Unis en 1950 pour y tourner « Riche, jeune et jolie »,  sera aussitôt convoquée par le Trésor public américain qui lui réclamera les sommes dues. L’actrice sera bien sûr contrainte de les payer et reviendra en France sans un sou en poche, tout l’argent perçu pour ce nouveau long métrage ayant été saisi. »