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Anecdote

Le cadre Lumière

Vous connaissez ?

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Les frères Lumière au travail

Crédits : domaine public

19e siècle Cinéma muet Frères Lumière Histoire du cinéma Rétro Technique
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Par : Forum des images

L’obligation de tourner un film en un seul plan fixe met bien en évidence la maîtrise de l’espace des opérateurs des vues Lumière.

 

Mais grâce à l’organisation géométrico-optique de la vue cinématographique, ce cadre fixe est non seulement devenu une notion du langage cinématographique mais également une vraie figure du « style » Lumière.

L'origine photographique

Dans les films Lumière, la caméra rejette la frontalité pour un point de vue toujours décalé. Le court traité de photographie, écrit et publié par les frères Lumière vers 1894, suggérait déjà aux photographes apprentis quelque chose de similaire. « Quelle est la position que doit occuper, dans un tableau, la partie la plus intéressante ? Ce point ne doit pas être exactement au milieu de l’image. Il faut qu’il soit situé un peu à côté ou légèrement en dessus ou en dessous ».

 

On ne sait pas si au cours de leur brève formation, les opérateurs des frères Lumière étaient initiés à ces principes de base. Mais ce postulat se retrouve néanmoins dans la quasi totalité des vues.

La peinture, d’abord, et la photographie par la suite… Ces deux arts avaient certainement déjà rencontré le problème lié à la représentation frontale des objets. Mais pour le cinématographe, tout se complique encore plus avec la mobilité des objets filmés.

C’est pour cette raison que le choix du point de vue devient alors fondamental et détermine la réussite du film. Comme cela a été très bien remarqué, chaque opérateur inscrit l’espace qu’il filme « dans une pyramide horizontale dont la base est constituée par l’écran et le sommet par le point de fuite principal. » Et de continuer : « Composer une image suppose ainsi un travail d’organisation de ce volume pyramidal virtuel » (André Gardies, La cité Lumière, CinémAction, n°75, Corlet/Télérama, 1995). Les vues Lumière montrent donc très clairement que les opérateurs ont su exploiter au mieux les contraintes imposées par le cadrage fixe.