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Ségolène Royal en meeting à la Halle Carpentier à Paris Crédits : Philippe Grangeaud Voir plus

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La Cinquième République

en période d'élections

Villes et société
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Par : Forum des images

Au cœur de la vie politique du pays, Paris occupe une place de choix pour évoquer l’activité politique française. Retour sur quelques élections dans Paris et sa région qui ont marqué la Cinquième République.

Parmi les documentaristes qui ont suivi des campagnes électorales, Jean-Louis Comolli s’impose comme une figure de proue. Avec Les deux Marseillaises, il s’intéressait déjà aux élections législatives de juin 1968 à Asnières (95). Réunions et discours y étaient encore fortement marqués par les événements de Mai 68, et l’on y voyait, entre autres, intervenir les trois principaux candidats d’alors : Albin Chalandon (UDR), Claude Denis (PCF) et Roger Hanin (FGDS).

 

Vingt ans plus tard, en 1988, Comolli remet le couvert et réalise Tous pour un, un reportage consacré aux militants des partis politiques, notamment du RPR et du PS. Interviewés et filmés lors des meetings, des campagnes d’affichage, des permanences, ils y affirment leurs convictions et justifient leur engagement. Quelques mois tout juste avant les élections présidentielles, ce documentaire offre un témoignage vivant, parfois émouvant, sur les militants de base et l’esprit communautaire qui anime leurs luttes quotidiennes.

 

Dans 1974, une partie de campagne, sorti en 2002, Raymond Depardon réalise quant à lui un documentaire sur la campagne électorale de Valéry Giscard d’Estaing, sur commande de ce dernier. Incursion dans l’antichambre du pouvoir, on y assiste à la découverte des résultats par V.G.E., seul avec Depardon. Interdit de diffusion pendant plus de vingt-huit par l’ex-candidat devenu Président, ce documentaire laisse transparaître avec force les jeux de pouvoir, observant le sujet politique avec un regard novateur et éclatant.

Crédits Palmeraie et Désert, 2002

Valéry Giscard d’Estaing et Raymond Depardon, 1974, Une partie de campagne

Crédits Palmeraie et Désert, 2002

Les élections municipales qui ont vu la Ville de Paris basculer à gauche en 2001 ont elles aussi été immortalisées : Paris à tout prix (2001) d’Yves Jeuland, qui suit sur deux ans et avec une extrême minutie la préparation des candidats et l’élection de Bertrand Delanoë, ou bien encore 2001 : la prise de l’Hôtel de ville de Serge Moati, qui se concentre davantage sur le suspense de la phase finale de la campagne.

Avant de fouler le tapis rouge de la Croisette en 2010 pour le – très ironique – film de Michel Leclerc Le Nom des gens ou de faire une apparition, courte mais remarquée, dans Le Skylab de Julie Delpy, Lionel Jospin a été le sujet favori de plusieurs documentaire.

Avoir des convictions ne garantit pas contre l'erreur.

Lionel Jospin

Davantage reconnu pour son cinéma d’auteur et ses fictions, François Ozon s’est intéressé au candidat de gauche à l’élection présidentielle de 1995 dans Jospin s’éclaire… L’emploi du temps du premier secrétaire du PS a aussi inspiré Joël Calmettes pour Jospin 97. Il y suit la campagne pour les élections législatives de 1997, après que le gouvernement se soit dissout : un documentaire passionnant sur les coulisses d’une élection et un portrait chaleureux de Lionel Jospin.

Les élections concernent non seulement les partis politiques et leurs militants, mais aussi les électeurs et les journalistes. Ainsi, dans Journal de campagne (1996), Jean-Paul Andrieu se consacre quasi exclusivement à l’activité des rédacteurs du quotidien Le Monde pendant les deux derniers mois de la campagne présidentielle, de mars à mai 1995. Attentive et discrète, la caméra enregistre leurs interrogations quotidiennes sur le traitement de l’information et sur l’éthique de leur profession. Terriblement d’actualité.

 

Autour de cette même campagne, citons également Nous irons tous à l’Elysée (1995) de Jean-François Delassus, recueil de témoignages des habitants d’Issy-les-Moulineaux (92) interrogés sur leurs choix et leurs hésitations. Et puis, dans La Bataille de Solférino, pendant l’attente des résultats des élections de 2007, Justine Triet captait quant à elle l’attente, la fébrilité puis le désarroi de la foule massée devant le siège du Parti Socialiste.

crédits Ecce Films

La Bataille de Solférino, Justine Triet (2007)

Crédits : Ecce Films

De nombreux portraits d’hommes et de femmes politiques peuvent apporter des éclairages supplémentaires sur le pouvoir français et ses institutions. Le documentaire de Patrick Rotman François Mitterrand ou le roman du pouvoir (2001), à travers un montage serré d’archives et d’interviews, analyse sans complaisance le côté romanesque d’un homme hors du commun. De même, dans le très riche Pompidou, l’école du pouvoir (1993) de Patrick Barbéris, se succèdent de nombreuses images d’archives et témoignages de personnalités, de Schumann à Balladur en passant par Pierre Messmer ou Georges Séguy.

François Mitterrand ou le roman du pouvoir

Les femmes ne sont pas en reste : avec Dominique Voynet au risque du pouvoir (1999), Murielle Szac et Philippe Baron retracent le parcours politique de l’écologiste depuis 1993. Plus récemment, Nicolas Glimois et Thomas Legrand ont suivi la course à l’Hôtel de Ville d’Anne Hidalgo et Nathalie Kosciusko-Morizet dans Paris 2014 : coulisses d’une élection. De son côté, le documentaire de Nicolas Bertrand Christiane Taubira, une aventure radicale (2002) est aujourd’hui un écho intéressant à notre actualité en se penchant sur le parcours de cette forte personnalité, alors députée de Guyane, investie par le Parti Radical de Gauche comme candidate à la présidentielle.

Je ne suis sûre de rien, sauf de ne jamais trouver la paix si je m’avisais de bâillonner ma conscience.

Christiane Taubira

Coluche, agitateur des consciences

Un peu d’humour, pour finir, avec Reporters (1981) de Raymond Depardon qui, en suivant les photographes de l’agence Gamma et leurs proies, croque les tics et mimiques des hommes politiques à la manière d’un caricaturiste ainsi qu’avec le désopilant et néanmoins amer Coluche président (1981) de Romain Goupil sur la candidature « coup de tonnerre » de l’humoriste à l’élection présidentielle de 1981.